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   Le Comité de propagande du Centenaire de l'Algérie a tenu sa première séance au Ministère de l'Intérieur le 5 juin 1929.
M. André Tardieu, président du Conseil, a ouvert ses travaux par le discours suivant :
 
Messieurs,
« J'ai grand plaisir à vous souhaiter aujourd'hui la bienvenue et à présider au début de vos travaux.
« Le Centenaire de l'Algérie est un grand événement, non seulement de l'Histoire algérienne, mais de l'Histoire française.
« C'est une date dont il importe que le pays tout entier la célèbre comme il convient.
« Pour que cette célébration soit digne de l'Algérie et de la France, le Gouvernement, les Chambres, les Délégations financières ont fait ce qui dépendait d'elles.
« Des crédits ont été votés. Un Commissariat Général a été créé dont je suis heureux de saluer le titulaire, M. Mercier, qui se trouve aujourd'hui parmi nous.
« Un programme a été établi tendant essentiellement à dès créations durables, rassemblant tous les éléments de l'histoire de l'Algérie, faisant appel à toutes les races dont son unité est formée musées départementaux, maisons d'agriculture, groupes d'habitations indigènes, amorce d'un programme social sur lequel a particulièrement insisté la Commission des Finances de la Chambre.
« Nous entendons, par ces moyens, et par d'autres encore, que les fêtes de l'an prochain laissent une marque profonde dans la vie algérienne et concourent à la prospérité future de notre belle colonie.
« Votre Commission a un objet spécial. Quand, en arrivant ici, j'ai étudié pour la première fois le programme des fêtes du Centenaire, j'ai cru indispensable que l'opinion française y fût associée d'une façon large et directe.
« Les Français sont, malheureusement, trop peu renseignés sur notre empire colonial. Ils ignorent trop souvent ce qu'il nous vaut de puissance matérielle et de force morale. Il ne fallait pas que les fêtes du Centenaire se déroulassent outre-mer, sans que le peuple de la Métropole en sentit la pleine signification.
« C'est pourquoi nous avons institué à Paris l'organisme que vous constituez et dont la tâche propre sera d'informer exactement la France de l'œuvre française en Algérie.
       « Sans doute nous espérons que l'an prochain un très grand nombre de Français passeront la Méditerranée, mais ils ne seront quand même qu'une minorité. C'est pour les autres que nous vous demandons de travailler.
« C'est aux autres qu'il faut faire comprendre ce que fut, non pas la conquête, mais la création dé l'Algérie. « C'est à eux qu'il faut faire comprendre ce que représente ce pont jeté par la race française au-dessus de la mer latine.
«Quand on lit, Messieurs, la liste de vos noms, on estime que, mieux que tous autres, vous êtes qualifiés pour ce travail nécessaire
« L'étude des moyens va se présenter à vous. Il y en a beaucoup. Vous comparerez et vous choisirez.
« La presse d'abord, dont je salue les représentants et qui nous a déjà prouvé sa volonté active de collaboration, aura son rôle à jouer. Mais la presse ne m'en voudra pas si je dis que son appui, indispensable, n'est pas suffisant.
« Nous voulons organiser un système de conférences à l'école et à côté de l'école, utiliser la T. S. F., le cinéma, l'affiche, le timbre, tous les procédés enfin dont se compose la publicité moderne.
« Entre ces procédés, vous aurez à établir un ordre d'urgence et un ordre de préférence. Vous ne le pourrez, évidemment, qu'avec des ressources financières qui ne sont pas encore complètement constituées, mais que nous avons bon espoir de pouvoir mettre largement à votre disposition
« Il me parait que vous aurez avantage à choisir parmi vous ceux à qui leurs occupations laisseront le plus de liberté pour créer une sorte de section permanente et de comité exécutif qui, en contact avec votre Assemblée et avec le Commissariat du Centenaire, mettra au point le programme définitif.
« Messieurs, la portée de votre effort peut être très vaste; car vous allez, me semble-t-il, apporter une contribution précieuse à la formation de l'esprit public qui est, dans une démocratie, chose essentielle, et à laquelle, chez nous, on ne pense pas assez.
« En faisant connaître à la France ce que la France a fait en Algérie, vous contribuerez à mieux renseigner le pays sur les conditions permanentes de sa destinée, sur les raisons de confiance, de fierté, d'énergie que porte en elle cette destinée.
« Le Centenaire de l'Algérie sera une heureuse occasion de rappeler que, malgré les changements de régime, les grandes œuvres françaises se poursuivent à travers les siècles avec une continuité faite pour nous rassurer.
 
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