Pages précédentes CAHIERS DU CENTENAIRE DE L'ALGÉRIE LIVRET 13 L'ALGÉRIE du CENTENAIRE par l'Université de France Pages suivantes
- 44 - Table des matières - 45 -
   
  

souvenirs classiques, la lecture des savants ouvrages de Gsell, de Carcopino ou des récits brillants d'aimables romanciers, le charme incomparable de ces ruines qu'on leur avait vantées, tout les y portait. « Rien ne m'a ému  comme Timgad » nous confie M. Thiédot, professeur au Lycée de Marseille, et il essaie d'évoquer ce que fut la vie de la cité et celle de sa rivale Djemila. Mlle Mermet, professeur au Collège de Villeneuve-sur-Lot, distingue avec esprit les deux personnages qui sont en elle : la voyageuse « avide » de

Alger - Cimetière de la Princesse.

tout voir et le professeur qui veut « étudier la colonisation antique et la colonisation française en Algérie ». Et elle visite avec un grand soin Lambèse, Timgad, Guelma, Hippone. Même enthousiasme chez M. Lauriol, professeur au collège de Montélimar, chez M. Blet du Lycée de Grenoble, Mme Ducasse du Collège de Condom, M. Joxe du Lycée de Bar-le-Duc, M. Maugis du Lycée lanson-de-Sailly. etc... M. Drouot, professeur au Lycée

       de Dijon, après un séjour à Timgad, est saisi de l'angoisse qui étreignit Scipion sur les ruines de Carthage. Ainsi, rêve-t-il, la civilisation romaine en Afrique a été anéantie, de nouveaux Barbares ne détruiront-ils pas un jour l'oeuvre que la France y édifie depuis un siècle ? Déjà préparé par ses études sur l'art musulman d'Espagne, M. Sermet compare les monuments de Tlemcen à l'Alhambra, à la Giralda, à la Mosquée de Cordoue. Mme Mazurier, professeur au Lycée Victor- Duruy, nous donne une savante étude de ces mêmes édifices à Tlemcen.
Le spectacle de la colonisation française a, à juste titre, retenu l'attention de nombreux boursiers. Peut-être leur éducation même, trop tournée vers l'antiquité et vers l'étude de l'histoire européenne, ne les portait-elle pas à la juger avec autant de pénétration. Mais l'intérêt même qu'elle a éveillé sera peut-être à l'origine de vocations scientifiques et cela serait heureux, car l'histoire coloniale, malgré le mouvement récent, manque encore de fidèles. M. Fugier, professeur au Lycée de Dijon, adopte pour exposer ses idées la forme du dialogue chère à notre rhétorique classique : un colon et un touriste échangent, non sans grâce, des vérités parfois amères. M. Drouot, son collègue au même lycée, admire les paysages algériens plus que l'oeuvre de la France en Algérie. Cependant son esprit critique a désarmé devant le spectacle de la Mitidja : « Ce qui nous a en revanche ébloui, c'est le champ du colon, la belle Mitidja, gagnée sur le marais ».
La question si importante des rapports entre colons et indigènes a été vue de façons diverses. M. Guéneau, professeur au Lycée Charlemagne, est très optimiste : « La mentalité de certains indigènes est bonne. L'interprète d'une commune mixte des environs de Bougie,
 
Pages précédentes   Table des matières   Pages suivantes