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mais Makrîsi nous apprend que la mosquée de l'émir Nesfy-Keïssoun, bâtie sous le règne de Beïbars-el-Djachenguir, eut pour architecte un Tartare de Touriz, et que ses minarets furent une copie de ceux qui dans cette ville attenaient à la mosquée d'Ali-Shah, fils du sultan Abou Saïd. 
 

Le spécimen le plus frappant de ce genre de construction nous est fourni par les dômes des minarets d'El-Hakim (fig. 37 et 38) qui, ruinés par le tremblement de terre de 702 (1302) furent rétablis sous Beïbars-el-Djachenguir. Toutefois, ce sont là des exceptions et non une manière de l'art arabe. Il convient donc de ne pas s'y arrêter plus qu'il ne faut.

Une question se pose ici, qui a fait l'objet d'ardentes controverses.
Les croisés ont-ils emprunté à l'art arabe une partie de ses procédés? Certains l'ont cru. Ils ont vu en Égypte des monuments tels que la porte du palais de Neym-ed-dîn ou celle du collège de Kalaoûn : des colonnettes minces s'y groupent; l'arc qu'elles portent a les voussures et arrière-voussures d'un portail d'église gothique bases, chapiteaux, tympans, tout y rappelle le style normand. Et comme le reste de l'édifice n'était pas trop loin de tout cela, ils en ont conclu que c'étaient là des oeuvres dont s'était inspiré l'art de l'Occident.

Fig. 36. - Minaret de la mosquée de KALAOUN à la citadelle.
    

 

   
La lecture de Makrîsi leur eût appris que, loin de là, ces fragments d'architecture proviennent d'églises chrétiennes de Palestine, rasées après la prise de Saint Jean-d'Acre par ce même Sangar-ech-Chougaï, que déjà l'auteur de la Topographie du Caire nous a montré surveillant les ouvriers du mâristan de Kalaoûn une arbalète à la main.
 
Fig. 37.
 
" Le médresseh El-Naceriyeh est adjacent au koubbet-el-Mansourieh du côté oriental. Il a été commencé par El-Melek-el-Adel-Zeïnab-ed-dïn-Ketbogha et il s'éleva jusqu'à environ la hauteur de la bordure dorée extérieure. El-Melek-n-Nacer-Mohammed-ibn-Kalaoûn donna en 698 l'ordre de le terminer; il le fut en 703 (1303). C'est un des plus beaux édifices du Caire, et la porte est l'une des plus admirables oeuvres qui soient sorties des mains de l'homme; elle est de marbre blanc, d'un style nouveau et d'un travail achevé. 
 
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