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Fig. 120. - Vase blasonné aux armes du sultan Beibars-El-Bondoukdary. (Collection E. André.)

Au XIIIe siècle, les verreries émaillées nous fournissent enfin des documents d'une valeur incontestable. De quelles fabriques sont-elles sorties? Du temps des Fatimites, Mansourah avait au dire de plusieurs auteurs, la spécialité des lampes de mosquée ornées d'inscriptions et d'arabesques d'émail sur fond doré. Au XIIIe siècle, ces renseignements nous manquent. De certains passages des historiens du Caire, il semble pourtant ressortir que Fostat avait détrôné Mansourah.

Le vase de la collection André reproduit dans l'Art de la verrerie (fig. 120) date de la seconde moitié du XIIIe siècle. Il porte sur la panse le lion passant du sultan Beïbars-el-Bondoukdary, lequel régna de 658 à 676 (1260-1277). Ici encore, M. Gerspach suppose que quelque bon musulman a pu commander ce vase longtemps après la mort de Beïbars, " en témoignage de reconnaissance de l'Islam envers le vainqueur des croisés ". 

 
J'ai trop étudié la psychologie de l'Orient pour me bercer de suppositions semblables. Pour moi, le vase de la collection André est contemporain du règne de Beïbars; et s'il ne fut point commandé par le sultan, 
    

 

   
il ne l'aura été que par quelqu'un qui attendait de lui une faveur.
 

Quoi qu'il en soit, ce vase est de tous points intéressant, tant par le galbe de sa forme que par les dispositions de son ornementation. Des lignes d'inscription le partagent en zones horizontales, soulignant chacune de ses inflexions. La panse est brodée d'un fleuron flamboyant, qui rattache la bande principale à celle de la naissance du goulot et en fait valoir la masse, tandis que le piédouche, dérobé en partie par la perspective, reste nu.

 

Les plus anciennes lampes de mosquée que nous possédions datent du règne de Kalaoûn. Le profil en est à la fois ample et svelte; leur surface divisée en nimbes d'inscriptions, de rosaces, d'arabesques d'émail blanches, bleues, rouges, jaunes et vertes, serties d'or sur fond doré (fig. 121). L'esquisse est généralement tracée en émail rouge. Tantôt l'émail forme le fond, tantôt l'ornement, et presque toujours cette inscription s'enroule autour du col, toujours la même : " Allah est la lumière des cieux et de la terre; cette lumière ressemble à une flamme placée dans un cristal pareil à une étoile brillante. "

Fig. 121. - Lampe de mosquée en cristal émaillé. - XVIème siècle. (Collection Spitzer.)
 (Koran, sourate 35, chap. XXIV.)
 
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