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l'autre pour le lendemain. - Une heure avant le branle-bas, distribuer armes, fourniments, sacs, ustensiles de campagne, trois paquets de cartouches, vestes à manches, pantalons de drap, guêtres de toile ; - capotes roulées sur le sac, couvertes en bandoulière ; - armes chargées sans bruit , sans baïonnettes.

" Débarquement par compagnie ou section dans chaque chaloupe, et toutes les chaloupes chargées à la fois. Aussitôt débarqués, formation sur le rivage, face à la ville, les ustensiles, les couvertes en tas, à droite des compagnies sous la garde d'un caporal.

" Trois colonnes. - Première, lieutenant Molière ; grenadiers du 1er bataillon, deux compagnies, 25 sapeurs, haches, pinces, masses pour briser les fermetures des portes et poudres pour les faire sauter au besoin ; deux échelles d'assaut , dont une à crochets, entre les deux compagnies de fusiliers ; pour guide Allégro et un indigène; enlever la batterie de Sidi-Hussein, la Casbah, Bouac. - Deuxième colonne, capitaine Saint-Germain ; 3e et 4e compagnies, 15 sapeurs, une échelle ; occuper Sidi-Abd-el Kader et la batterie de Sidi-Hamad. - Troisième colonne, capitaine Lamoricière ; quand le drapeau flottera sur la Casbah, avec voltigeurs, 5e et 6e de fusiliers, plus le chef de bataillon, deux obusiers, 25 sapeurs, instruments et échelles plus nombreux , enlever Moussa.

" En cas de résistance, rendre compte au général et demander les moyens qui manquent. - Maîtres des forts, garnir les parapets, s'y défendre ayant un tiers du monde en réserve. - Les officiers reconnaîtront les forts et y prépareront les moyens de se mettre à l'abri d'un coup de main. L'artillerie visitera les magasins et batterie, et utilisera pièces et munitions.

" Le 2e bataillon en réserve est prêt, ainsi que les troupes de l'artillerie, du génie et de l'administration. 

    

 

   

Le matériel de chaque arme déchargé et groupé, et des instructions de détail données par les chefs. - Ordre des objets à débarquer : pinces, outils, masses du génie, échelles d'attaque, 20 ou 30 cartouches d'infanterie par homme ; - quelques barils à poudre, 2 obusiers de campagne à quinze coups, l'ambulance. "

On s'attendait à peu de résistance de la part des Bougiotes, mais à une très-vive fusillade des Kabyles voisins, qui ne manquèrent pas d'arriver au premier éveil. Cette pensée fort juste avait déterminé le général à brusquer le débarquement et l'attaque.

Dès que l'on fut à bonne distance, l'opération s'effectua sous un feu presque insignifiant des forts auxquels celui de notre escadre imposa promptement silence ; et les premières compagnies prirent terre, malgré la fusillade des Bougiotes, dont les intentions sérieusement hostiles ne laissaient plus aucun doute. Néanmoins, tous les forts, Abd-el-Kader, Moussa et la Casbah, sont enlevés facilement : on les occupe, ainsi que la porte de la Marine. La journée du 29 est remplie.

Le 30, on reconnaît l'intervention successive des contingents de la montagne au degré de résistance toujours croissant que l'on rencontre sur la croupe Moussa et à l'extrémité du plateau de Bridja. Pénétrant à leur gré dans la ville par la porte Fouka (porte supérieure), qui n'est point en notre pouvoir, les Kabyles se glissent dans les jardins, dans les maisons, dans les ruelles dont l'enchevêtrement leur est familier ; ils attaquent des pièces que l'on conduit au fort Moussa. Pendant le nuit ; leur audace redouble ; ils descendent jusqu'à la marine et y tuent trois hommes aux compagnies de garde. L'inquiétude commence à se faire sentir. Le général envoie demander promptement des renforts à Alger. Des compagnies de la marine débarquent.

Cette guerre de rues se prolonge trois jours, et, comme à l'ordinaire, exalte la férocité du soldat.

 
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