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  L'ALGÉRIE SOUS LE SECOND EMPIRE (1851-1870)  
     
  
Quelques travaux avaient été exécutés aussi à Oran, à Cherchel et à Bône.
On comptait en 1851 3 600 kilomètres de routes, qui avaient coûté 16 millions ; les principales étaient celles qui reliaient Alger à Médéa et à Miliana, Oran à Tlemcen et à Mascara, Stora à Constantine et à Biskra. Les routes d'Alger à Constantine et d'Alger à Oran, dont la nécessité était évidente, furent activement Poussées; on construisit 600 kilomètres de routes nouvelles.

Plusieurs de ces routes furent faites par l'armée, qui, disait Randon, y gagne en force et en santé. " Comme les légions romaines, nos régiments d'Afrique se servent aussi bien de la pioche que de leurs armes. " Ainsi furent notamment achevées les routes de Sétif à Bougie, d'Aumale à Dellys par Dra-el-Mizan, d'Alger à Tizi-Ouzou par le col des Beni-Aïcha (Ménerville), destinées à enserrer la Kabylie et à tenir ses principales issues, puis, après la campagne de Kabylie, la route de Tizi-Ouzou à Fort-Napoléon. Une route fut également faite par le génie entre Djidjelli et Constantine, dans une région très difficile. " En pays kabyle, disait Randon, les routes sont les rênes du gouvernement. "

Tirailleur algérien (d'après un dessin de Guillaume Régamey).
Un décret du 8 avril 1857 décida la construction des premières voies ferrées. " Il sera créé en Algérie, disait ce décret, un réseau de chemins de fer embrassant les trois provinces et se composant 1° d'une ligne parallèle à la mer d'Alger à Constantine, par ou près Aumale et Sétif et d'Alger à Oran par ou près Blida, Orléansville, Saint-Denis-du-Sig et Sainte-Barbe-du-Tlélat ; 2° de lignes partant des principaux ports et aboutissant à la ligne parallèle à la mer, savoir : de Philippeville à Constantine, de Bougie à Sétif, de Bône à Constantine par Guelma, de Ténès à Orléansville, d'Arzew à Mostaganem et Relizane, enfin d'Oran à Tlemcen par Sainte-Barbedu-Tlélat et Sidi-Bel-Abbès. "

La construction de ce réseau, dont la conception générale était très logique et très judicieuse, devait demander de longues années ; quelques-unes même des lignes qu'il prévoyait ne sont pas encore exécutées à l'heure actuelle. On trouva difficilement une Compagnie qui consentît à se charger de l'entreprise. Randon fit sans plus tarder commencer les terrassements par des soldats et des condamnés; en quelques mois ils furent exécutés jusqu'à Boufarik.

 
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