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Souvent il se contente d'une marqueterie d'ivoire, là où jadis se voyait la floraison de ses plus folles lianes ou la frondaison de ses plus vigoureux feuillages. A la mosquée d'El-Moyyed, le réseau est hexagone; un second hexagone s'inscrit dans le premier, de façon à avoir ses angles sur le milieu des côtés circonscrits. Autour de ces hexagones s'assemblent des rosaces tangentes suivant leurs côtés.
Fig. 107. - Plafond de la mosquée d'EL-MOYYED.
Chacune de leurs mailles est remplie par un ivoire trop massif, le centre par un motif trop maigre. Les six petits heptagones déterminés par le prolongement des côtés de la rosace déterminent à leur tour une étoile faite de losanges d'ivoire imbriqués dans un bois noir. 
    

 

   
Fig. 108. - Plafond de la mosquée d'EL-BORDEINY. C'est là un travail d'ébénisterie, ce n'est plus une sculpture; l'ornemaniste est redevenu un polygoniste, mais un polygoniste triste, qui, à travers les grillages de ses assemblages, ne voit plus rien fleurir et pour qui toute perspective est cachée par un rideau épais.

Aussi, préfère-t-il la boiserie lisse que rien ne décore, où les lignes se profilent sans que rien en atténue la rigidité. Une porte fort remarquable de Kaïtbaï est dérivée du carré et de l'octogone. Au centre, le motif est posé sur l'angle et ses divisions sont remplies par des hexagones étoilés. Rien ne peut rendre le trouble obtenu par ces assemblages; les carrés entrecoupés paraissent les barreaux d'une prison.

Sous les derniers Baharites, l'emploi de la faïence s'était vulgarisé en Égypte. A l'époque de Khonsouel-Ghoury, elle sert à appareiller, non seulement les murs de la mosquée, mais jusqu'au minaret et jusqu'au dôme de la tombe.

 
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