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Entre chaque médaillon courent des animaux apocalyptiques, dont le pelage est fait de trèfles, et il n'est pas jusqu'aux branches d'arabesques dont les rinceaux ne soient disposés selon un rythme correspondant à un ordre d'idées donné.

Au Moghreb, l'industrie textile avait été florissante aussi dès le temps d'Haroun-er-Reschîd. A Touneh, en Tunisie, on tissait quelquefois les étoffes destinées à la kaâbah. " J'ai vu, dit l'historien Sakehy, un tapis de Touneh donné par Haroun-er-Reschîd ; il était d'étoffe appelée kabaty. On y lit ces mots : " Au nom d'Allah, que la bénédiction d'Allah soit sur le khalife Reschîd-Abd-Allah-Haroun, prince des fidèles. Qu'Allah reporte sur lui ses faveurs. "

En Espagne, les étoffes d'Alméria avaient acquis une réputation universelle, et la Sicile avait, elle aussi, des fabriques à ce point renommées que Addah, fille d'El-Moëzz, possédait dans son trésor une grande quantité de soies siciliennes. D'autres encore étaient célèbres à Baghdad, à Alep et à Damas.

 
 

IV. - LA DAMASQUINERIE.

La damasquinerie arabe eut par contre une origine assez obscure ; il semble cependant qu'elle procéda de la damasquinerie persane.

" La damasquinerie se traitait chez les Orientaux de diverses manières. Dans le travail par incrustation, on fixait un fil d'or ou d'argent dans une rainure enlevée sur le métal par le burin et un peu plus large au fond qu'à l'entrée. Tantôt c'était une mince feuille d'or appliquée sur le fond d'acier ou de laiton et prise entre deux lignes parallèles, dont les rebords, légèrement rabattus, lui faisaient une sorte d'encadrement. 

    

 

   
Ce placage serti se trouve dans une grande partie des ouvrages venus de Damas. Tantôt l'ouvrier, armé d'une lime en forme de molette d'éperon, conduisait rapidement son outil sur l'objet qu'il avait à ornementer, et le fil d'argent s'appliquait au marteau sur toutes les parties du métal ainsi préparées pour le gripper et le retenir. 
Fig. 126. - Table su sultan Kalaoun. (Muséee arabe du Caire.)
Les ouvriers du Caire emploient encore aujourd'hui ce procédé de travail, qui s'exécute avec une habileté merveilleuse. Cette façon de damasquiner appartient particulièrement aux artistes de la Perse, d'El-Agham, pour nous servir du mot arabe qui désigne ce pays ; les Italiens, en imitant ce procédé, avaient appliqué cette expression, al Agemina, à ceux de leurs artistes qui rappelaient la manière des ouvriers persans, des Agemi, de même qu'ils nommaient Lavori alla damaschina les ouvrages taillés suivant la fabrication usitée à Damas. " (Lavoix, les Azziministes.)

Al aghamina ou alla damaschina, l'art de la damasquinerie ne se répandit que tard en Égypte, et les plus vieux cuivres damasquinés ne datent que du commencement du XIIe siècle. 

 
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