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  L'ALGÉRIE DE 1870 à 1890  
     
  
La magique vertu du droit commun devait précipiter la fusion des races, façonner à notre empreinte des millions d'hommes. Le système des rattachements avait la prétention de réaliser l'assimilation administrative alors que l'assimilation n'était faite ni au point de vue social, ni au point de vue politique, ni au point de vue économique : " L'assimilation, dit M. Jonnart, c'est le but suprême de nos efforts, le souhait patriotique que nous formons, mais ce n'est malheureusement pas un fait accompli; il est puéril de prendre ses espérances pour des réalités et, au point de vue de la politique générale de notre pays, de ses finances, de la sécurité nationale, cela n'est pas sans danger. "
Les auteurs des décrets de 1881 avaient cédé à de généreuses illusions et à d'anciens souvenirs. Sous l'Empire, la théorie de l'assimilation était invoquée par les colons qui revendiquaient les franchises politiques et déclaraient que, la période héroïque étant terminée, le moment était venu d'inaugurer en Algérie le régime civil. Déjà à cette époque, M. Armand Béhic avait très bien vu que l'autonomie financière était un bien meilleur moyen de leur donner satisfaction. Les Algériens et avec eux tous les hommes politiques soucieux de l'avenir de l'Afrique du Nord n'allaient pas tarder à partager cette manière de voir.
 

LES TRAVAUX PUBLICS ET LA COLONISATION

 
M. Tirman dut se borner à développer, autant que les faibles moyens dont il disposait le lui permettaient, les travaux publics et la colonisation.
Pendant cette période, le premier réseau de chemins de fer s'achève. En 1886, la ligne d'Alger à Constantine est terminée et la grande artère parallèle à la côte prévue par le décret de 1857 est solennellement inaugurée en avril 1887. Puis c'est le tour des lignes de Ménerville à Tizi-Ouzou (1888), de Beni-Mansour à Bougie (1889), de Constantine à Biskra (1888), de Souk-Ahras à Tébessa (1888). Dans l'Algérie occidentale, les lignes d'Arzew à Aïn-Sefra (1887), de Mostaganem à Tiaret (1889), de Bel-Abbès à Tlemcen (1890) sont ouvertes au trafic. Au total, le réseau des chemins de fer algériens passe de 1 373 kilomètres en 1881 à 2 861 kilomètres en 1891; il a plus que doublé et on devine quelle impulsion cette construction a dû donner à l'Algérie, désormais pourvue de ses grands organes de circulation.
L'effort considérable accompli de 1871 à 1881 n'avait pas été sans absorber de grandes quantités de terres; 400 000 hectares avaient été consacrés à la colonisation et les réserves domaniales commençaient à s'épuiser.
 
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